Des fenêtres anciennes, en simple vitrage ou en double vitrage des années 1980, laissent filer jusqu’à 15 % de la chaleur d’une maison. Elles laissent aussi entrer le bruit de la rue, provoquent de la condensation sur les vitres en hiver et donnent cette sensation de paroi froide qui oblige à monter le chauffage. Les remplacer fait partie des travaux de rénovation les plus visibles et les plus appréciés au quotidien. C’est aussi un poste coûteux, où les écarts de devis sont importants et où quelques mauvais choix techniques peuvent gâcher le résultat. Matériau, vitrage, type de pose, ventilation, démarches et aides : voici ce qu’il faut regarder avant de signer.
Quand faut-il vraiment changer ses fenêtres ?
Toutes les vieilles fenêtres ne sont pas à remplacer. Une menuiserie en bois massif en bon état, avec un dormant sain, peut parfois être rénovée : remplacement du vitrage par un double vitrage mince, pose de joints neufs, reprise de la peinture. En revanche, le remplacement s’impose dans plusieurs situations :
- Le bois est pourri, notamment en pied de dormant et sur les traverses basses, là où l’eau stagne.
- Les ouvrants ferment mal, frottent ou laissent passer l’air même après réglage.
- La fenêtre est en simple vitrage, ou en double vitrage ancien dont la lame d’air est embuée de l’intérieur.
- De la condensation ruisselle régulièrement sur les vitres et noircit les joints et les murs autour.
- Le logement est exposé au bruit d’une route, d’une voie ferrée ou d’un aéroport.
Dans une rénovation énergétique globale, les fenêtres ne sont généralement pas le premier poste à traiter : la toiture et les combles perdent davantage de chaleur. Mais elles complètent l’isolation des murs, et il vaut mieux les changer avant ou en même temps qu’une isolation par l’extérieur, pour bien traiter les jonctions entre la menuiserie et l’isolant.
PVC, aluminium ou bois : comparer les matériaux
Le PVC représente plus de la moitié des fenêtres vendues en France. C’est le matériau le moins cher, très bon isolant, qui ne demande presque aucun entretien. Ses limites : des profilés plus épais qui réduisent un peu la surface vitrée, un choix de couleurs plus restreint et un aspect moins haut de gamme. Il reste le choix rationnel pour la majorité des maisons et des appartements.
L’aluminium permet des profilés très fins, de grandes baies vitrées et des teintes variées. Il est solide, inaltérable et ne se déforme pas. Comme le métal conduit la chaleur, il doit impérativement être à rupture de pont thermique, c’est-à-dire avec une barrière isolante entre la face intérieure et la face extérieure du profilé. Il coûte en moyenne 30 à 50 % de plus que le PVC.
Le bois offre le meilleur bilan environnemental, un charme indéniable et de bonnes performances thermiques. Il est souvent exigé dans les secteurs protégés et sur les maisons anciennes. Il demande en revanche un entretien régulier, une lasure ou une peinture tous les cinq à dix ans selon l’exposition. Les menuiseries mixtes bois-aluminium combinent le bois à l’intérieur et un capotage aluminium à l’extérieur : elles éliminent l’entretien, mais elles sont les plus chères.
Menuisier posant une fenêtre neuve lors de la rénovation d’une maison
Double ou triple vitrage ?
Deux indicateurs permettent de comparer les fenêtres. Le coefficient Uw mesure les pertes de chaleur de la fenêtre complète, cadre compris : plus il est bas, mieux c’est. Le facteur solaire Sw indique la part de chaleur du soleil qui traverse le vitrage : plus il est élevé, plus la fenêtre profite des apports gratuits en hiver. Un bon double vitrage à isolation renforcée, avec un gaz argon et un intercalaire isolant, atteint un Uw de 1,1 à 1,4 W/m².K, ce qui suffit dans la plupart des régions.
Le triple vitrage descend sous 1,0 W/m².K, mais il est plus lourd, plus cher et laisse passer moins d’apports solaires. Il se justifie surtout en climat froid ou en montagne, sur les façades nord, ou dans une maison déjà très bien isolée. Pour le bruit, c’est plutôt un vitrage feuilleté acoustique ou asymétrique, avec deux verres d’épaisseurs différentes, qui fait la différence. Le triple vitrage n’est pas forcément plus efficace contre les nuisances sonores.
Pose en rénovation ou dépose totale
C’est le point le plus important du devis, et souvent le moins expliqué. Avec la pose en rénovation, le menuisier conserve l’ancien dormant, le cadre fixé dans la maçonnerie, et vient poser la nouvelle fenêtre par-dessus, puis habille la jonction avec des profilés de finition. C’est rapide, propre, sans travaux de maçonnerie ni de peinture, et moins cher. Mais la fenêtre perd 3 à 5 cm de vitrage sur chaque côté, et cette technique n’est possible que si l’ancien dormant est parfaitement sain et d’équerre.
Avec la dépose totale, toute l’ancienne menuiserie est arrachée et la nouvelle fenêtre est fixée directement dans la maçonnerie. Elle conserve ainsi toute la surface vitrée et permet une étanchéité à l’air bien plus fiable, mais elle implique de reprendre les tableaux, les appuis et souvent les peintures intérieures. Elle s’impose quand le dormant est abîmé et elle est fortement recommandée lors d’une isolation des murs. Il existe aussi la dépose en feuillure, qui place la nouvelle fenêtre dans la feuillure de la maçonnerie ; elle est courante sur les maisons anciennes.
Ne pas oublier la ventilation
Des fenêtres neuves et étanches suppriment les entrées d’air parasites qui ventilaient, bien malgré elles, les vieilles maisons. Sans ventilation adaptée, l’humidité s’accumule, la condensation apparaît sur les murs froids et les moisissures suivent. Les fenêtres des pièces sèches, comme le séjour et les chambres, doivent donc être équipées d’entrées d’air, sauf si le logement dispose d’une ventilation double flux. Il faut aussi vérifier qu’une VMC fonctionne bien dans les pièces humides. C’est une exigence technique, mais également une condition pour bénéficier de certaines aides.
Démarches administratives
Remplacer une fenêtre à l’identique ne demande aucune formalité. En revanche, une déclaration préalable de travaux est nécessaire dès que l’aspect extérieur change : autre matériau, autre couleur, autre découpage des carreaux, création ou agrandissement d’une ouverture. En secteur protégé, aux abords d’un monument historique, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France s’impose et il exige souvent du bois ou des petits bois. En copropriété, les fenêtres sont généralement des parties privatives, mais leur aspect extérieur relève du règlement : il faut une autorisation de l’assemblée générale si le modèle diffère de celui de l’immeuble.
Quel budget prévoir ?
Pour une fenêtre standard de deux vantaux en double vitrage, fournie et posée, comptez en moyenne :
- 400 à 800 € en PVC ;
- 600 à 1 100 € en bois ;
- 700 à 1 200 € en aluminium à rupture de pont thermique ;
- 900 à 1 500 € en bois-aluminium.
La dépose totale ajoute 100 à 300 € par fenêtre, selon les reprises de maçonnerie et de finitions nécessaires. Les volets roulants intégrés, les dimensions hors standard et les baies coulissantes font vite grimper la facture. Les travaux d’amélioration énergétique réalisés par une entreprise dans un logement de plus de deux ans bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %. Le remplacement de simples vitrages peut aussi ouvrir droit à des aides publiques et à des primes énergie lorsque l’entreprise est certifiée RGE et que les performances minimales sont atteintes. Les conditions de ces aides évoluent chaque année : vérifiez-les avant de signer le devis, jamais après.
Bien choisir son menuisier
Demandez au moins trois devis détaillés, établis après une visite sur place et une prise de cotes précise. Un bon devis indique le matériau, le type de vitrage, le Uw et le Sw, la marque et le fabricant, la méthode de pose, le traitement de l’étanchéité à l’air et à l’eau, les finitions intérieures et extérieures, ainsi que l’évacuation des anciennes menuiseries. Méfiez-vous des démarchages téléphoniques et des remises spectaculaires accordées le jour même. Vérifiez enfin l’assurance décennale de l’entreprise et sa qualification RGE si vous comptez sur des aides.
Remplacer ses fenêtres s’inscrit souvent dans un projet plus large d’isolation et de rénovation de la maison. Pour préparer l’ordre des travaux, comparer les solutions et estimer les budgets avant de consulter les artisans, les conseils de Reformex accompagnent les particuliers à chaque étape de leur chantier.